MARTY 2Loi Santé : le SYNGOF conteste les arguments avancés par la Ministre pour justifier l’éviction progressive des médecins libéraux de notre système de santé

Dans son interview donnée au journal Le Figaro mercredi dernier,  Marisol Touraine se disait prête à reprendre la concertation avec les médecins. Pourtant, rien n’avait changé le soir même lors de la séance du groupe Contact syndicats médicaux et directeurs du ministère.
La crise économique et démographique de la santé est le fait de l’administration qui a conçu un système de financement structurellement déséquilibré et a limité la formation des médecins.
La loi entend donner en région tous les pouvoirs à cette administration qui a échoué pour régler la crise :
Les compléments d’honoraires sont instrumentalisés pour disqualifier les cliniques de manière tout à fait illégitime
Alors que les cliniques coûtent 30% moins cher que l’hôpital, la loi leur enlève les missions de service public pour les regrouper intégralement dans un ‘Service Public Hospitalier’.  Dans son interview, la Ministre avance des arguments pour justifier ce retrait, qui ne sont pas fondés et méritent quelques éclaircissements. En effet, que penser de l’hypocrisie qui consiste à disqualifier d’office les cliniques de ce Service Public Hospitalier du fait qu’elles pratiquent des compléments d’honoraires en dehors de leurs missions de service public, tandis que l’hôpital est autorisé à les pratiquer par ailleurs?
Le système de tarification à l’hôpital pèse sur les comptes de l’Assurance Maladie
Le système de tarification actuel permet à l’hôpital de refacturer à l’assurance maladie le tarif des hospitalisations en intégrant le salaire du médecin et en sus les honoraires de son activité privée à l’hôpital, contrairement aux cliniques qui n’intègrent pas le salaire des médecins libéraux dans leur tarification. L’hôpital profite doublement de ce système en prélevant sur ces compléments une redevance de 20 à 30%.
La désertification médicale se creuse
Dans les zones de désertification médicale, les ARS feront prendre en charge les patients par des infirmiers et l’hôpital faute de médecins libéraux qui comprennent qu’il n’y a pas d’appui pour eux dans les périphéries où l’administration a fermé tous les établissements.
Les praticiens sont mis à la marge des informations médico-économiques
Les fonctionnaires de l’administration ne veulent pas partager l’intégralité de l’information médico-économique avec les médecins au nom du secret médical ! Alors que cette information protégée par l’anonymat est indispensable pour le progrès médical et économique.

J. MARTY
Président du SYNGOF