Syngof | Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France

 

Actuellement 80% des naissances ont lieu dans les maternités publiques que font fonctionner 1/3 des gynécologues obstétriciens exerçant en France. Parmi les 2/3 libéraux, seulement 1 380 assurent à la fois l’activité d’obstétrique et de chirurgie ; parmi eux, 985 ne font que de l’obstétrique. Cet effectif qui assure 20% des naissances, va encore se restrein­dre, faisant si rien ne change, fondre ainsi la part des naissances du privé. Parce que la capacité à recruter des parturientes dépend directement de l’offre de consultations, le faible nombre des gynécologues obstétriciens aboutira inévitablement à cette évolution.
L’intérêt du maintien d’une obstétrique libérale n’est plus à démontrer : production de soins de qualité au meilleur coût, alternative stimulante pour l’obstétrique publique, elle-même enfermée dans le gigantisme de ses structures, de plus en plus rejeté par les femmes comme par les médecins et les sages-femmes qui y travaillent.
Pour élargir l’offre de consultations obstétricales, les maternités privées ont intérêt à s’adjoindre les services des professionnelles de la naissance que sont les sages-femmes. 22 000 sages-femmes exercent en France, 12 000 ETP sont actuellement salariées des établissements de soins, que font les 10 000 au­tres ? 75% de leur activité consiste à la préparation à la naissance et la rééducation périnéale. 5% de la consultation et 5% de la surveillance à domicile de grossesses pathologiques. Nombre d’entre elles, n’arrivent pas à en vivre.
C’est maintenant qu’il faut être imaginatif et adapter nos modes d’exercice à ces données structurelles. Constituer des équipes de soins coordonnées en maternité permettra aux gynécologues obstétriciens de sécuriser leur maternité, de travailler réellement en équipe, de se dégager du temps pour leurs autres activités de la spécialité. La répartition du travail au sein de ces équipes devra respecter les compétences de chacun. Le transfert d’une partie des consultations de suivi des grossesses normales qui aujourd’hui assurent une rémunération de base, vers les sages-femmes, sera compensé très largement par l’élargissement de la base de consultations. La conséquence directe de cette organisation sera la valeur ajoutée de l’activité du gynécologue obstétricien par rapport à la sage-femme. L’évolution tarifaire de l’activité des gynécologues obstétriciens devra en tenir compte.
La gestion de l’activité de la salle de naissance doit aussi évoluer. Par le développement du concept de “l’accréditation d’équipe”, Gynerisq a démontré l’intérêt qualitatif du travail coordonné en salle de naissance. La réalité des pratiques entre les différents acteurs : sages-femmes, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres, nécessite que l’activité des sages-femmes soit organisée rigoureusement dans le cadre de leurs compétences et que le traitement, des difficultés et pathologies qui se déclareraient, soit pris en charge par les médecins. Les modalités de rémunération des acteurs en salle de naissance doivent en conséquence être modifiées. A la rémunération à l’acte il est nécessaire d’adjoindre une rémunération de coordination en fonction du rôle de chacun.
Ne pas voir la nécessité impérieuse de réformer nos modes d’exercices aboutira à la disparition des maternités privées.

Dr Bertrand de ROCHAMBEAU
Président du SYNGOF – 06 48 20 16 77

 

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