Honoraires des spécialistes : Le SYNGOF partage la demande de l’UFC Que Choisir que l’OPTAM soit réanimé

Communiqué de presse
Vendredi 23 février 2024

L’augmentation des restes à charges pour les patientes objectivée par la CNAM depuis 2021, (données sur AMELI.fr), illustrée par l’étude de l’UFC Que choisir publiée le 22 février dernier, est la résultante de 2 facteurs : la quasi-stagnation des tarifs opposables depuis 2021 (+5€ sur l’APC et +1.5€ sur toutes les consultations en 2023) et la soudaine augmentation de l’inflation monétaire (INSEE +10%) et des charges de cabinet (Energie, Salaires +10%).

Les Gynécologues et Obstétriciens (90% en secteur 2) ont compensé comme le leur permet leur adhésion au secteur à honoraires libres, pour tenter de maintenir leur entreprise financièrement à flot. Malgré cet ajustement au fil de l’eau, les revenus des médecins spécialistes ont baissé de 4% dans cette période comme le révèle la CARMF dans son rapport annuel.

Le SYNGOF, au sein de l’Union AVENIR SPÉ – LE BLOC, agit pour que l’Option Tarifaire Maitrisée (OPTAM), créée avec son concours en 2016, soit réactualisée avec des bases ajustées aux pratiques observées en 2021 et 2022 et non plus sur les pratiques de 2013, 2014, 2015.  En y incluant les anesthésistes et en négociant selon le principe initial le partage des gains : une augmentation du tarif de base de X s’accompagne d’un engagement à une diminution de complément d’honoraires de X/2, le reste à charge des patientes diminuant de X/2.

Le SYNGOF rappelle les données de la CNAM (AMELI.fr) : les Gynécologues de secteur 2 pratiquent 30% de leurs actes de consultation (Cs) et 69% des actes techniques (CCAM) au tarif opposable. Le secteur 2 n’est pas un obstacle financier à l’accès aux soins.

Ce n’est pas en bloquant l’accès du secteur 2 aux nouveaux spécialistes que cette crise de l’accès aux soins sera résolue, mais bien en rendant attractif cette Option Tarifaire Maitrisée aux nouveaux spécialistes en leur permettant de s’inclure dans les groupes existants, favorisant ainsi les exercices coordonnés à tarif maîtrisés.

Enfin, l’assurance maladie n’est pas le seul assureur santé : les complémentaires santé qui viennent d’augmenter leurs tarifs de 8% en moyenne, devraient contribuer aussi à la régression du reste à charge des patientes. Cela n’a pas été le cas en 2016, les assureurs complémentaires santé sont attendus en 2024 sur ce sujet.

L’hétérogénéité des pratiques tarifaires sur le territoire français est l’illustration du développement des déserts médicaux en France. Parmi les 17 départements où UFC Que Choisir observe une moyenne des honoraires de consultation équivalente au tarif opposable, 11 sont dépourvus de maternités privées et les 6 autres sont des départements où les maternités restantes font moins de 1000 naissances par an. Ce sont des maternités fragiles aux équipes peu nombreuses et menacées à court terme. La gynécologie obstétrique nécessite des plateaux techniques lourds pour pouvoir s’exercer. Les établissements de santé n’appartiennent plus aux médecins mais à des groupes financiers qui investissent dans les plateaux techniques lourds des pôles urbains où les populations sont nombreuses et où se concentre le plus haut pouvoir d’achat.

Les gynécologues qui restent en dehors de ces pôles ne sont pas ceux qui pratiquent la partie lourde de l’exercice professionnel et proposent des services à haute valeur ajoutée. Ceux qui proposent ces services sont les plus diplômés installés en secteur 2, principalement dans les grands centres urbains, là où les honoraires avec compléments sont plus conséquents.

Ainsi, en l’absence de gestes forts au cours de cette convention pour la revalorisation de la Gynécologie et de l’Obstétrique, en particulier pour la forte sujétion à la salle de naissance, les déserts médicaux vont encore s’étendre, faisant reposer la gynécologie obstétrique de plus de la moitié du pays (70 départements d’ici 5 ans) uniquement sur l’offre des maternités publiques dont on sait qu’elle est en grande souffrance, en particulier en ressources humaines.

Oui, les femmes peuvent être inquiètes : pourquoi UFC Que Choisir ne cible-t-il pas les vrais responsables ?
Qui a, avec une constance remarquable, voté année après année des lois de financement de la sécurité sociale ne permettant pas le renouvellement des générations de gynécologues et d’obstétriciens ? 
Qui a imaginé que des médecins spécialistes à haut risque, après 10 à 15 ans d’études, accepteraient toute leur vie de consulter pour 30€, d’accoucher pour 340€ et de payer 40.000€ par an d’assurance responsabilité professionnelle ?

UFC Que Choisir reproche à ces médecins dans son article de consulter pour le prix d’une prestation de coiffeur, d’opérer pour le prix d’un changement de robinetterie par un plombier, quand d’autres le font pour moins cher ! 

UFC Que choisir défend les consommateurs, pas les patientes ! Les patientes ne sont pas des consommateurs comme les autres, elles savent ce que recouvrent les prestations médicales, ce que UFC Que choisir manifestement ignore.


Contacts presse :

Emeline Barbé – 06 87 76 17 23 – emeline@eb-conseil.net

Dr Bertrand de Rochambeau, Président du SYNGOF, co-Président du BLOC, co-Président d’AVENIR SPÉ – LE BLOC – 06 48 20 16 77

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