Le SYNGOF réagit au Rapport de la Cour des Comptes sur les maternités en France : Plutôt que de fermer des maternités il faut amener dans les maternités des compétences professionnelles

Le Rapport de la Cour des Comptes publié aujourd’hui juge urgent de fermer des maternités. Fermer 15 maternités, ce ne sera que déplacer 5 000 accouchements par rapport aux 800 000 qui ont lieu chaque année en France. Personne ne peut croire que ces nouvelles fermetures dérisoires après tant d’autres corrigeront les mauvais chiffres de la France.
Ces mauvais chiffres ne sont pas la conséquence d’un problème de structure comme veut le faire croire la bureaucratie sanitaire mais la conséquence de la disparition des compétences obstétricales dans les salles de naissance, pour plusieurs raisons :

  • L’absence de dédommagement vis-à-vis de la pénibilité de la spécialité
  • Le poids insupportable moral et financier de la responsabilité parce que les magistrats condamnent les médecins lorsqu’un enfant naît handicapé même si la cause est congénitale. Ils le font par compassion faute d’une prise en charge adaptée du handicap. Certains médecins découvrent encore qu’ils vont être ruinés.
  • La menace permanente de fermeture qui pèse sur les maternités de taille petite et moyenne.

Faute d’incitation et de solution à ces difficultés d’exercice, la moitié des 200 obstétriciens formés en France chaque année ne feront pas de carrière obstétricale. Ils se reconvertissent pour fuir ce contexte. Cette pénurie est masquée par le recrutement des praticiens formés à l’étranger à une obstétrique d’un niveau inférieur d’exigence. Ce n’est pas leur faute, ce n’est pas un problème de xénophobie, mais de casting. Cela constitue malheureusement un risque pour les mères et les enfants.
Seule se satisfait de cette situation l’administration hospitalière publique qui a capté la moitié des accouchements libéraux en 25 ans dans ces conditions déplorables. En 1992, les maternités privées assuraient 50% des naissances, aujourd’hui elles n’en réalisent plus que 25%. Toutes leurs compétences médicales ont été perdues.
La démonstration est faite que les réformes, comme les plans de périnatalité qui ont maltraité les médecins compétents, détériorent la qualité et la sécurité des soins. C’est un exemple dont les pouvoirs doivent s’inspirer pour changer l’orientation de la loi santé dont le fil conducteur est cette fois encore la démédicalisation.

Que chacun en comprenne ce qu’en seront les conséquences.

 Contacts presse : Emeline Barbé – 06 87 76 17 23 – emeline@eb-conseil.net
Docteur Jean MARTY – Président du SYNGOF, Co-président du BLOC – 06 09 35 02 77