Le service public exclu du concept de pénibilité ? De qui se moque-t-on?

Avenir Hospitalier4petitLe premier ministre vient de dévoiler les intentions du gouvernement sur la réforme des retraites.
Pour lui, seul le secteur privé aura accès à un Compte Individuel Pénibilité. Que faut-il en conclure? Que les agents du service public ne travaillent pas aussi dans des conditions pénibles ? Et que fait-il de l’obligation pour le service public du principe de continuité ?
Nous rappelons fermement à Monsieur Ayrault et à ceux qui vont s’inspirer de son message que, notamment dans les hôpitaux, nous exerçons notre mission de service public de jour comme de nuit. Que certains médecins hospitaliers sont en première ligne de l’exposition à la pénibilité du travail de nuit, toute leur carrière, et au détriment de leur santé.
Nous n’avons pas à prouver les effets délétères sur la santé du travail de nuit. Nous n’avons pas à prouver le nombre de nuits que nous avons passées la nuit auprès des patients, pour assurer leur prise en charge H24, ni jusqu’à quel âge nous continuons à travailler la nuit : la démographie médicale hospitalière est connue de tous.
Il n’est pas imaginable que nous soyons exclus du dispositif de Compte Individuel Pénibilité. Les médecins hospitaliers « de la nuit » n’ont jamais eu accès à un quelconque dispositif dit de catégorie active. Ils doivent entrer dans ce dispositif.
La retraite est un sujet très sensible pour les PH, qui ont subi très récemment une réforme de leur Caisse leur baissant leur retraite de 30%, et sont désormais obligés de travailler jusqu’à 67 ans de jour et de nuit.
Nous lançons un avertissement très solennel à Mr Ayrault, ainsi qu’à Mme Touraine : si les médecins hospitaliers sont exclus du dispositif pénibilité du travail de nuit, nous appelons à un mouvement de grève très fort. Ils savent que cet appel sera suivi.

Nicole SMOLSKI
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