CNOM – Réaction à la campagne du ministère de la Santé sur les compétences des sages-femmes

Avenir Hospitalier

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a lancé le 22 juin une campagne d’information sur les nombreuses compétences des sages-femmes. Cette campagne, en énumérant les actes que peuvent réaliser les sages-femmes, reprend les dispositions du Code de la santé publique.
Il est louable de mettre en avant le rôle de premier plan que jouent les sages-femmes auprès de très nombreuses femmes, notamment en termes de prévention. L’Ordre des médecins rappelle cependant que le médecin reste le pivot de la prise en charge globale des patients.
Dans ce cadre, l’Ordre des médecins regrette que cette campagne passe sous silence le rôle de prévention que jouent également les médecins généralistes, gynécologues médicaux et gynéco-obstétriciens, qui interviennent dans les mêmes domaines que les sages-femmes dans le cadre d’une prise en charge globale et experte que leur confère leur formation.
Par ailleurs, l’Ordre des médecins regrette également que la campagne lancée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé n’évoque pas clairement les distinctions entre prévention et pathologie. Cette campagne aurait dû être plus claire pour les femmes, en leur rappelant que toute femme présentant des symptômes pathologiques l’amenant à consulter doit s’orienter vers un médecin, puisqu’il ne s’agit plus alors de prévention : les compétences des sages-femmes se limitent à ce qui est « habituel ».
Cette omission est d’autant plus surprenante que l’instauration d’un parcours de soin coordonné, dont le médecin serait le pivot, a toujours été une volonté gouvernementale. Si les sages-femmes sont bien des professionnels de santé de premier recours, leur action doit s’inscrire dans le parcours de soin. En cas de pathologie, elles sont donc tenues d’adresser leurs patientes vers un médecin.
L’Ordre des médecins estime dès lors que ces différentes omissions réduisent l’utilité de la campagne d’information lancée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé. Si l’objectif de cette campagne avait véritablement été une bonne information des femmes, elle aurait dû être faite autour de tous les professionnels de santé qui les prennent en charge, et non pas axée sur la seule profession de sage-femme.