Réponses au sondage envoyé aux adhérents du SYNGOF concernant les revendications des sages-femmes

Actualité syndicale

Des syndicats de sages-femmes protestent actuellement pour un changement de statut, et une extension de leurs champs de compétences pour le suivi des femmes, tant sur le plan gynécologique qu’obstétrical. Par ailleurs elles demandent que soit structuré un parcours de soin fléché les rendant « incontournables »……
Le SYNGOF devait connaître l’avis des praticiens de terrain, leur réactions « à chaud », sur ces revendications des sages-femmes.

Message du SYNGOF à ses adhérents : « Pouvez-vous rapidement consulter le site du syndicat des sages-femmes ONSSF (http://www.onssf.org/1.aspx) afin de faire le point sur leurs revendications, et faire remonter au SYNGOF votre avis ».
Dans un climat politique qui fait de la concertation son fer de lance, il nous a semblé utile de publier ici, rapidement et « brut de décoffrage »,  ce qui peut être dit sur le terrain…..

Docteur Marc BOHL
Membre du C.A. du SYNGOF
Membre du C.A. du Collège de Gynécologie de Lorraine
06 08 04 99 17
http://bohl.fr
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Sur le communiqué d’Avenir Hospitalier :
Message bien trop soft vu la gravité de la situation. C’est un soutien de plus aux SF.

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Pour la santé (financière) des Sages-Femmes on est prêt à brader la santé des femmes ?
Faire confiance à des Sages-Femmes qui sollicitent des arrêts de travail ABUSIFS pour consolider leur grève ….. NON, pas confiance.
Quand les hôtesses de l’air vont-elles piloter l’avion ?

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Il y a une formation aux métiers de la naissance, ça c’est sur.
Et pour ce qu’elles font elles ne sont pas cher payé, (quasi le smic) c’est donc une revendication légitime.
Ensuite il y a une opportunité et une dérive à la pénurie des médecins.
Le pouvoir politique leur a octroyé des droits exorbitants,  juste pour équilibrer vite fait une situation en faillite, sans rapport avec leur formation, élargissant par un coup de baguette magique leurs compétences à la contraception, le dépistage, bientôt la ménopause, la stérilité, la cancérologie bref la gynécologie obstétrique sans oublier bien sûr l’échographie, le tout sans aucun cadrage.
Mon avis est quelles seraient bien connes de faire tout ça, au prix qu’on les paie !
Le problème de ces revendications est qu’elles sont noyées dans un bla-bla ronronnant et politiquement très correct.
Elles feraient mieux de dire clairement, et en français, « d’accord pour travailler, cadré dans notre domaine de compétence exclusif, sous la responsabilité du médecin » « Mais on double notre salaire ! » à la hauteur du travail accompli et du service rendu.

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C’est le résultat des politiques de santé de nos irresponsables successifs.
On a fermé les vannes en médecine pour importer des médecins « padchénous » contents de bosser pour des clopinettes.
Les écoles de SF ont au contraire ouvert les vannes pour former à BAC + 5 …  des chômeuses!
Comme elles ont des c… elles cherchent des solutions pour faire parler d’elles et profiter de la haine de MST à notre égard!
Nous de longue date on la ferme et on pleurniche poliment!  on est les dindons! et c’est logique!
Le problème de ces jeunes, sans emploi salarié, c’est qu’on leur fait miroiter du privé au rabais mais que les vieilles qui sont déjà sur le marché ne sont pas du tout prêtes à partager le gâteau donc elles ne vont pas tarder à se crêper le chignon …
Vivement Noël on va se farcir la dinde!

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La seule solution est d’affirmer, de notre part, que nous ne couvrons plus les activités des sages- femmes.
Avec leurs conneries elles engagent la responsabilité des médecins qui seront les seuls à pouvoir récupérer les bêtises.
Elles veulent que leur profession soit reconnue à part entière, assurer la contraception, poser les stérilets…  qu’elles se démerdent !

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A- « il est essentiel de faire de la sage-femme un praticien de premier recours etc. »
Cela ne veut pas dire «LE praticien de premier recours»
Y-a-t-il une volonté politique, comptable, de faire le maximum pour que cette demande  se transforme en une obligation de circuit de santé pour les patientes ?
«faire de la sage-femme un praticien de premier recours» => «la SF EST LE praticien de premier recours» : évolution inéducable  car politiquement décidée ?
Cette volonté peut, et pourra, se traduire par :
-des incitation financières (style meilleure remboursement acte SF/acte Gyn-Obs…)
-des publicités pour ce choix de santé (style lettre CPAM aux patientes lors de la déclaration : «allez voir une SF», voir l’incitation des CPAM pour une pré-inscription en ligne au PRADO avant même la naissance….)

B- «l’amélioration de la prise en charge de la santé des femmes ….. doit passer par … ce que peuvent offrir justement les sages-femmes»
Possible, mais cela reste à évaluer !
Pas d’affirmation de ce type sans mise en place d’une structure solide d’évaluation du service médical rendu d’un tel choix de santé publique.
Pas d’affirmation de ce type sans argumentation solide en terme de bénéfice risque.
AVANT, il faut un dossier solide d’autorisation de mise sur le marché du produit « SF- docteur », avec une collecte fiable (et indépendante !) des événements indésirables.  
C’est un préalable pour le moindre médicament, pourquoi cela ne le serait pas pour un choix aussi important pour les femmes.

C-Les Pouvoirs publics n’ont guère fait preuve de beaucoup de réussite …. donc MEFIANCE +++++ :
Le parcours de soin instauré en médecine est une catastrophe… au moins en terme comptable et d’usine à gaz
Le dossier médical informatisé est mort et on a gaspillé des sommes considérables avec ce truc.
La concentration des naissances sur des usines à accouchement est très très discutable, sans compter que cette politique fait le lit des maisons de naissance et d’une partie des problèmes actuels de demande de démédicalisation (cf le livre d’Odile Buisson : Sale temps pour les Femmes).
Fermeture des structures privées => les GO iront renforcer les équipes de l’hôpital => et non ! Ils arrêtent le job …..
Arrivée dans les hôpitaux de médecins «sous compétents» pour faire face aux erreurs de gestion de la formation en GO : laxisme administratif (https://syngof.fr/communiques-presse/reconnaissance-de-qualification-des-medecins-specialistes/)
Les Pouvoirs publics de droite et de gauche ont mené depuis 10 ans, à la demande de l’administration des hôpitaux publics, une politique périnatale catastrophique de concentration des maternités dans un but économique.(https://syngof.fr/communiques-presse/les-maternites-francaises-pointees-du-doigt-par-les-statistiques-europeennes-de-peristat-1-le-syngof-denonce-la-perte-de-competences-dans-les-metiers-de-la-naissance/)
Et on passe sous silence : Juppé (moins de médecins => moins de malades) , La gestion de la grippe A (Pierre de Rosette de la connerie du politique en terme de gestion de certains problèmes de santé: http://www.atoute.org/n/article/la-campagne-de-vaccination-140.html, le cirque pour les pilules 3 G et Diane…..

D-Ne jamais oublier que les politiques, avec qui tu as rendez-vous ont été capable de dire : «Cahuzac est trop malhonnête pour faire de la politique, il n’a qu’à redevenir médecin»…
Pour diner avec le diable, il faut manger avec une très très longue fourchette !

E-Si on me demande de ne gérer que la pathologie, et être un praticien de dernier recours, alors que l’on m’honore à la juste valeur de cette fonction :
-200 € la consultation d’expertise
-5000 € net de salaire pour participer à l’organisation du «truc» (animation du réseau, réunion de concertations pluridisciplinaires, formation des sages-femmes, activités de recueils statistiques etc.)
-2500 € pour les frais annexes (cf le système du financement des députés pour leur collaborateurs)