Pour une reconnaissance urgente de la pénibilité

Actualité syndicale, Praticiens hospitaliers

SNPHAReLe SNPHAR-E maintient toujours son préavis de grève pour le 28 novembre donc l’objectif est d’obtenir une reconnaissance de la pénibilité du travail des médecins des hôpitaux, en particulier celle liée au travail de nuit. Il n’est pas supportable pour ces médecins d’être exclus de tous les dispositifs de prévention ou de réduction de la pénibilité au prétexte qu’ils n’exercent pas dans le secteur privé et n’appartiennent à aucune fonction publique. Cette demande est juste car il ne s’agit nullement d’une faveur réclamée mais de l’application de la Loi à tous au nom de l’égalité.
Quand nous avons choisi ce metier, nous savions qu’il faudrait travailler la nuit et les week-end, nous savions que nos horaires de travail seraient soumis aux aléas des urgences et des complications. Nous l’avions accepté!
Nous l’avions accepté car les effectifs et la solidarité des équipes faisaient que les plus âgés étaient épargnés et les collègues malades protégés.
Nous l’avions accepté car nous avions une certaine autonomie dans notre exercice en rapport avec notre investissement ainsi que la reconnaissance sociétale de notre travail.
De cela il ne reste rien.
Les effectifs ont fondu, les recrutements ne se font pas, les postes restent vacants et la seule perspective que nous avons est de poursuivre les gardes et astreintes jusqu’à 67 ans.
Nos organisations ont été laminées par des politiques publiques à court terme qui ont conduit aux déserts médicaux et aux déficits hospitaliers. Par les plans de retour à l’équilibre budgétaire menés à marche forcée avec l’aide d’une tarification des actes hautement inflationniste mais souvent peu pertinente qui nous a conduit et nous conduira encore à en faire toujours plus avec chaque fois moins. Par des auditeurs externes appliquant aux soignants les méthodes les plus grossières de l’industrie conduisant à compliquer à l’extrême ce qui fonctionnait bien mais probablement trop simplement.

La pénibilité, c’est certes le travail de nuit dont les effets sur la santé sont pourtant internationalement reconnus mais c’est aussi cette pression permanente pour en faire toujours plus et toujours plus longtemps alors que nos tâches sont complexes et qu’elles réclament concentration. C’est cet exercice schizophrénique nous conduisant à faire plusieurs choses à la fois alors que notre travail est précis et souvent minutieux. Il est temps que notre travail soit compris! Il est temps que nos métiers soient reconnus! Il est temps que nous soyons entendus!

Docteur Bertrand MAS – Président du SNPHARe
Docteur Yves RÉBUFAT – Vice-Président du SNPHARe
Docteur Véronique AGAESSE – Secrétaire Générale du SNPHARe