Edito du Président


Maternités : jusqu’où laissera-t-on le bateau couler ?

« Il m’étonnerait que l’amiral couse ou couve, ce doit être Nous coulons » décodait le matelot à son officier de quart en observant les signaux issus d’un navire de guerre.

Jacques Faisant, dessinateur de presse au début des années 70, illustrait parfaitement les difficultés de communication dans une grosse administration, la marine nationale, en retard d’une guerre quand elle continuait à utiliser les sémaphores.

50 ans plus tard, malgré les alertes multiples, réitérées année après année, des professionnels de la maternité – médecins, sage-femmes, directeurs d’établissements, groupes de santé, élus locaux, collectivités territoriales, association de patientes – l’Etat regarde le bateau couler.

La médecine spécialisée de la femme est naufragée, comme toutes les activités médicales qui ne rapportent rien à l’industrie de la santé. 50 ans qu’elle est considérée comme un coût qu’il faut réduire. Le nombre des médecins spécialistes rapporté à la population soignée, comme le nombre des maternités, ont été réduits progressivement. Parallèlement les résultats périnataux ont marqué un plateau et depuis 2012 se dégradent ; la sécurité maternelle mesurée par l’analyse de la mortalité maternelle et la morbidité maternelle sévère ne progresse plus et ses caractéristiques se transforment.

L’épidémie de Covid 19 a remotivé, par nécessité, les équipes des maternités, les grèves ont été suspendues, les équipes ont développé des trésors d’ingéniosité se jouant des rigueurs qui les stérilisaient. La crise terminée, malgré l’annonce du contraire, la gestion qui a précédé la crise a repris.

Les gynécologues obstétriciens, les pédiatres, les anesthésistes, les sage-femmes, les infirmières maltraités quittent les maternités publiques qui assurent 80% des naissances. La tension est telle que la situation se dégrade aussi dans les maternités privées, soumises à la même rigueur budgétaire. Depuis ce printemps, des maternités, de plus en plus nombreuses, parfois uniques dans leur département, sont devenues incapables d’assurer la permanence et la continuité des soins. Elles doivent fonctionner souvent en mode dégradé et certains jours cesser leur activité et les patientes doivent être déroutées.

Les décrets de 1998 qui pilotent l’organisation des activités dans les hôpitaux et donc des maternités ont fait l’objet d’une révision avec le concours de tous les acteurs depuis 2018, soutenus par les mouvements sociaux des sage-femmes et des mouvements dénonçant une maltraitance institutionnelle dans nos maternités, devenues incapables de s’adapter à la demande de la société. La sortie des décrets réformant les activités est planifiée depuis les dernières élections pour toutes les activités sauf celles qui concernent les maternités, reportés sine die !  

Le discours de politique général de la première ministre acte du « criant manque de ressources en santé » et présente sa solution : la prévention ! Pas question de remettre des ressources, l’amélioration se verra dans 10 ans. Voilà la clé : la situation qui a été créée de toute pièce par les gouvernements successifs année après année est assumée par le dernier, nouvellement nommé par le Président de la République.

Le pari est osé, la presse n’a pas relevé, l’esprit accaparé par le pouvoir d’achat et l’inflation. Si les réseaux sociaux, si prompts à s’enflammer habituellement, laissent passer, il sera gagnant. Les femmes, les mères, leurs enfants, les familles en seront les victimes.

La santé n’a jamais renversé un gouvernement après tout, la faim en revanche…

Bertrand de Rochambeau

Président du SYNGOF, co-Président du BLOC et d'AVENIR SPÉ - LE BLOC
Avec Dr Philippe CUQ, Dr Patrick GASSER, Dr François HONORAT

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