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Le SYNGOF demande la désignation institutionnelle du gynécologue comme référent médical dans le champ spécifique de la santé des femmes

Dans un contexte de nécessaire réorganisation du système de santé, le SYNGOF alerte sur les risques induits par certaines évolutions visant à redéfinir les rôles des professionnels de santé sans garantir une adéquation stricte entre niveau de compétences et niveau de responsabilité médicale.

L’usage du terme de « sage-femme référente » en particulier introduit une ambiguïté majeure quant à la responsabilité médicale dans le parcours de soins. Cette terminologie est de nature à induire les patientes en erreur sur le niveau d’expertise requis pour l’identification et la prise en charge des situations pathologiques ou à risque.

Le SYNGOF demande que cette notion soit réévaluée et que toute communication institutionnelle, notamment par l’Assurance Maladie, garantisse une information claire, loyale et non ambiguë à destination des femmes.

Le SYNGOF rappelle que l’efficacité et la sécurité médicale des patientes repose sur une organisation des soins fondée sur une articulation claire et complémentaire entre les professionnels de santé :

  • Le médecin généraliste assure un rôle de coordination du parcours de soins, peut prendre en charge certaines pathologies et sait orienter les patientes vers les professionnels de santé adaptés au bon moment.

  • La sage-femme intervient dans le suivi des situations physiologiques, dans le cadre de leurs compétences définies par le code de la santé, et oriente vers le médecin traitant ou  vers le gynécologue dès lors qu’une situation sort de ce cadre. Le parcours de soin doit être redéfini  pour permettre l’adressage de la sage-femme vers le gynécologue.

  • Le gynécologue médical et obstétricien constitue le référent médical dans le champ spécifique de la santé des femmes. À ce titre, il occupe une place centrale dans l’identification, l’évaluation et la prise en charge des situations pathologiques ou à risque, ainsi que dans toute situation nécessitant une expertise spécialisée en santé gynécologique, reproductive et obstétricale.

Cette exigence s’applique notamment (liste non exhaustive) :

  • au dépistage, au diagnostic et au suivi des pathologies cervicales, incluant la colposcopie ;

  • aux pathologies endocriniennes, dont le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ;

  • à l’ensemble des pathologies gynécologiques, incluant l’endométriose ;

  • au suivi des patientes atteintes de cancer gynécologique et du sein ou présentant un risque génétique ;

  • à la prise en charge de la ménopause et à la prescription des traitements hormonaux ;

  • aux explorations échographiques à visée diagnostique et surveillance de pathologie ;

  • grossesse à risque, pathologique ou grossesse chez une patiente ayant une pathologie préexistante ;

  • aux parcours d’infertilité et d’assistance médicale à la procréation (AMP).

 

Le SYNGOF alerte sur le risque de perte de chance pour les patientes que pourrait entraîner une dilution des responsabilités médicales ou un retard d’orientation vers un médecin spécialiste.

Une telle organisation exposerait également le système de santé à un risque de surcoûts liés à des retards diagnostiques, des examens inadaptés et des prises en charge tardives.

Dans ce contexte, le SYNGOF appelle les autorités de santé, et notamment la Haute Autorité de Santé, à garantir une organisation des soins fondée sur la sécurité, la lisibilité des parcours et le respect des compétences médicales

Le SYNGOF se réserve la possibilité d’alerter les autorités compétentes en cas de pratiques ou de communications susceptibles de compromettre la sécurité des patientes ou d’introduire une confusion sur les responsabilités médicales.

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