Syngof | Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France Syngof – Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France

 

La transgression : arme syndicale
Dans la représentation de la profession médicale, on connait plusieurs formes et chacune a son utilité. Dans nos spécialités de gynécologie et d’obstétrique, nous disposons d’une représentation scientifique que sont les collèges, d’une représentation ordinale commune à tous les médecins et d’une représentation syndicale, chargée de la défense des intérêts de leurs adhérents qui ne sont pas du domaine des autres représentations.
La représentation syndicale ne se substitue pas à la représentation ordinale qui pourtant doit être le guide et le  protecteur du médecin vis-à-vis de ses confrères comme vis-à-vis de la société. L’ordre des médecins puise sa force dans le maintien de l’ordre dicté par les lois, il cherche la protection des médecins dans les textes chargés de les régenter. C’est pourquoi sa capacité d’innovation est très restreinte.

Il est dans l’esprit syndical de ne pas accepter les conséquences qui découlent des règlements quand celles-ci sont injustes. L’injustice est au cœur de nos actions.
La complexité des règles de toute nature (lois, décrets, règlements) aboutit trop souvent à des injonctions paradoxales qui rendent la pratique médicale insupportable. Quand la cause est juste, la transgression est une arme redoutablement efficace pour mettre l’administration devant son impéritie et la pousser à régler le conflit qu’elle a laissé murir jusqu’à l’éclatement ou parfois jusqu’au drame.

Il n’est pas étonnant, même si c’est très décevant, de voir l’Ordre des médecins condamner l’audace de la transgression qu’elle ne peut admettre. En revanche, quand le syndicat étudie la possibilité d’une grève des IVG et que l’Ordre condamne l’action syndicale au nom de l’éthique médicale, au même prétexte que la Ministre de la santé : « Il n’est pas éthique de prendre les femmes en otage ! « , on est en droit de s’interroger.
Le droit constitutionnel à la grève s’arrêterait-il à la santé des femmes ?  L’Ordre s’est-il posé la question s’il est éthique de laisser 15 confrères menacés de ruine sans solution ? Mais l’Ordre peut être satisfait, il a crié avec les loups et cela améliore son image particulièrement malmenée par le récent rapport de la cour des comptes le concernant.

L’accroche médiatique utilisée a été très efficace, la presse a plus décrit le risque de ruine des 15 confrères en une semaine qu’en 7 ans !  L’actualité de la discussion de la loi de santé permet au gouvernement d’appliquer une solution législative à un défaut législatif. Voila 7 ans que le sujet n’est pas traité par le ministère de la santé comme par le ministère des finances, et que la presse s’en désintéresse car pas assez accrochée !
Avons-nous, ce faisant, remis en cause le droit à l’IVG ? Les journalistes de Libération et du Figaro n’ont pas été dupes, ceux du Monde ont voulu être dupes, chacun selon l’opinion qu’ils expriment.  Le sujet est si sensible que la Ministre de la santé et la secrétaire d’état à l’égalité, bien dans leur rôle, ont crié « au loup », suivies immédiatement par tous ceux qui ont besoin de plaire : CNOM, CNGOF, CSMF, SNARF, qui n’ont jamais fait quoi que ce soit pour défendre, rassurer, protéger nos 15 confrères qui vivent au quotidien avec une menace réelle de ruine alors qu’ils ont été toujours assurés comme la loi le prévoit.

Nos confrères en difficulté, sont maintenant assurés de tout notre soutien.

Bertrand de ROCHAMBEAU, Président du SYNGOF 

 

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