Lettre d’information APH

Actualité syndicale, Avenir Hospitalier

AV HOSP

GHT
Un second décret concernant les groupements hospitaliers de territoire (GHT) va être publié prochainement. Il concerne les conditions de délégation des fonctions mutualisées au sein des GHT. Il concerne la fonction Achats, le schéma territorial de la permanence des soins et donne compétence au directeur de l’établissement support pour procéder aux nominations des responsables des fonctions mutualisées. Cela concerne notamment la fonction de chef de pôle interétablissement.
Figurent également les conditions d’application de la nouvelle répartition des emplois en cas de suppression d’activité suite à la mise en œuvre du projet médical partagé (PMP). Si la mise en œuvre du PMP se traduit par une suppression d’activités dans un établissement partie, les praticiens dont l’emploi a été supprimé peuvent muter prioritairement dans l’établissement où l’activité a été maintenue après publicité locale au sein du GHT. Le directeur de l’ARS en sera informé. Les candidats non retenus seront informés par courrier et pourront faire appel à la Commission statutaire nationale si nécessaire afin que leur situation soit réévaluée.
Plusieurs autres groupes de travail vont être installés prochainement concernant les modalités d’organisation des disciplines médico-techniques (imagerie, biologie, pharmacie) ainsi que des DIM dans le cadre des GHT.

Plan d’action Attractivité des carrières médicales hospitalières

Plusieurs décrets et arrêtés annoncés par la Ministre de la santé ont été publiés au Journal officiel. Ce sont :

Décret n° 2017-161 du 9 février 2017 relatif aux droits à congés et aux conditions d’exercice de certains personnels médicaux et pharmaceutiques des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux
Pour rappel, les praticiens contractuels et les assistants des hôpitaux ne bénéficiaient pas des mêmes droits sociaux, notamment en matière de congés pour raison de santé ou liés à l’arrivée d’un enfant. Cet état de fait constituait une source d’iniquité ainsi qu’un frein à l’engagement dans une carrière hospitalière, qu’il était nécessaire de corriger. Aussi, le présent décret vise à harmoniser les droits à congés des praticiens contractuels et des assistants des hôpitaux avec ceux accordés aux praticiens hospitaliers titulaires.
Sont ainsi concernés l’ensemble des congés liés à l’état de santé (congé maladie, congé longue maladie, congé longue durée, congé pour accident ou maladie imputable aux fonctions) mais également les conséquences de ces congés (temps partiel thérapeutique notamment). Les droits en matière d’accidents du travail et des maladies professionnelles sont revalorisés pour les jeunes personnels médicaux. Le décret étend la possibilité d’exercer une activité partagée aux praticiens hospitaliers en période probatoire, afin de ne pas pénaliser les jeunes parents en début de carrière.
L’occasion a été saisie pour :

  • revaloriser les congés liés à la parentalité (congé maternité, paternité et d’accueil de l’enfant, adoption) de l’ensemble des personnels médicaux, en les alignant sur ceux des fonctionnaires, et tenir compte de la possibilité d’avoir des couples dont les deux membres sont du même sexe ;
  • actualiser certaines dispositions applicables à l’ensemble des personnels médicaux de plein exercice (délai d’envoi des arrêts de travail, reclassement des agents inaptes, subrogation).

Enfin, la Fonction publique et le Conseil d’Etat ont estimé nécessaire de clarifier le partage de responsabilités entre les organismes de sécurité sociale et les employeurs publics hospitaliers.

Ces 2 dernières mesures font l’objet d’une analyse détaillée dans l’article « Le temps de travail pour les nuls ».
D’autres décrets sont en préparation et leur publication devrait intervenir d’ici quelques semaines à quelques mois. Ce sont :

  • La création d’une prime d’engagement de carrière hospitalière, destinée à favoriser l’installation sur un poste d’une spécialité définie nationalement (10000 €) ou localement (20000 €) en tension.
  • La création d’une prime d’exercice territorial afin de favoriser l’exercice partagé, notamment au sein des GHT (mais pas exclusivement).
  • La création d’une position de praticien remplaçant au sein du statut de praticien hospitalier titulaire, parallèlement au plafonnement progressif de la rémunération des intérimaires.
  • La reconnaissance des valences non cliniques.
  • La définition d’un seuil de participation au travail de nuit qui permettrait le décompte d’une nuit de garde à hauteur de 3 plages.
  • La consolidation des modalités de gestion du temps de travail médical (rôle de la COPS, CME, Directeur, chef de pôle, chef de service)
  • La clarification des modalités d’application des dispositions nationales et européennes relatives au temps de travail.

Nous continuons d’être actifs sur ces sujets en essayant d’obtenir le maximum mais il restera à faire après le changement d’équipe au ministère, quelle que soit sa couleur politique.

Stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé

Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, réunis au sein d’Action Praticiens Hôpital (APH), ont pris acte lors de leur conseil d’administration du 9 décembre 2016 de la Stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé présentée le 5 décembre par la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, dont les principales mesures sont :

  • Création d’un Observatoire de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux ;
  • Médiateur national et viviers régionaux de médiateurs pour mettre fin aux situations de tension au sein d’un hôpital ou d’un service ;
  • Intégration d’un module « qualité de vie au travail » dans la formation initiale médicale, paramédicale et des directeurs ;
  • Formation au management et à la résolution de conflits pour les cadres ;
  • 30 millions d’euros sur trois ans pour déployer dans chaque GHT des services de santé au travail élargis (psychologues, assistants sociaux, conseillers en prévention) ;
  • Intégration d’un volet « Qualité de vie au travail » dans les projets sociaux des établissements ;
  • Création d’une sous-commission de la CME dédié à la qualité de vie au travail ;
  • Systématisation des réunions de service ;
  • Entretiens individuels annuels systématiques pour les paramédicaux et pour les personnels médicaux ;
  • Stabilité et visibilité des tableaux de service ;
  • Guide de prévention des risques psychosociaux à l’intention des jeunes professionnels médicaux ;
  • Cellule d’écoute (offrant un soutien psychologique) et accès à des groupes d’expression et d’analyse des pratiques professionnelles ;
  • Suivi médical des professionnels médicaux ;
  • Charte de l’accompagnement des professionnels lors des restructurations ;
  • Signalement obligatoire des tentatives de suicides sur le modèle de la déclaration d’événements indésirables graves

Ces mesures étaient très attendues tant le climat de travail dans les hôpitaux publics s’est dégradé, conduisant à des évènements dramatiques qui ont endeuillé le milieu hospitalier à plusieurs reprises ses dernières années.
Ces annonces qui vont dans le bon sens ne peuvent masquer toutefois notre déception de voir écarter une fois de plus toute expression syndicale des praticiens hospitaliers au sein des établissements publics de santé, faisant du personnel médical hospitalier leur seul corps professionnel privé de représentation sur son lieu de travail. Si la place de la CME est essentielle à la vie institutionnelle, seuls les syndicats professionnels ont la légitimité pour défendre les intérêts matériels et moraux de leurs mandants, y compris lorsque leurs intérêts personnels sont en opposition avec ceux de l’institution ce qui est bien souvent le cas lors de l’exposition à des risques psychosociaux.
Action Praticiens Hôpital appelle les pouvoirs publics à mettre fin à cette iniquité majeure, et demande que soit installée au même titre que pour les personnels non médicaux une représentation locale des organisations syndicales des personnels médicaux hospitaliers, élue démocratiquement, et qui agira ainsi au plus près du terrain afin d’améliorer les conditions de travail de leurs mandants.
Nous exigeons qu’en cas de décision de suspension administrative d’un PH par un directeur,  la direction ait l’obligation d’informer le praticien de son droit à s’entourer d’un conseil syndical.  Ce dernier pourrait être destinataire de tous les éléments constitutifs du dossier ayant fondé la décision du directeur.

Rapport Igas sur les risques psychosociaux des personnels médicaux hospitaliers

Après avoir été auditionnés par la Mission Igas, Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, réunis au sein d’Action Praticiens Hôpital (APH), ont pris connaissance du rapport de l’Igas relatif aux risques psychosociaux des personnels médicaux hospitaliers et des recommandations qui l’accompagnent.
Ce rapport a été rédigé avec un vrai souci d’objectivité et expose clairement les carences observées depuis longtemps dans la gestion des situations de souffrance au travail.
Les recommandations qui en découlent sont opérationnelles et vont dans le sens des propositions que nos syndicats ont avancé. Parmi elles :

  • Création d’une mission nationale relatif aux risques psychosociaux, dont le champ de compétences s’élargira progressivement à tous les personnels hospitaliers.
  • La désignation d’un médiateur national. Action Praticiens Hôpital salue la nomination d’Edouard Couty dont les qualités humaines et professionnelles désignaient naturellement à une telle responsabilité.
  • La création d’un réseau de médiateurs régionaux afin de traiter les situations des personnels en souffrance.
  • L’élargissement des compétences des Commissions régionales paritaires (CRP) afin d’impulser une vraie politique régionale de dialogue social et de prévention des risques psychosociaux.
  • La redéfinition de la place du management et du rôle des managers hospitaliers.
  • La création d’une sous-commission de la CME dédiée à la qualité de vie au travail, en lien avec une évolution des CHSCT afin qu’ils prennent en compte les personnels médicaux hospitaliers.
  • Et surtout, le rapport préconise clairement la désignation au sein de chaque Conférence territoriale de dialogue social des Groupements hospitaliers de territoire d’un représentant syndical des praticiens hospitaliers siégeant en CRP et désigné par elle. Action Praticiens Hôpital se félicite de cette avancée qui ouvre la porte à l’expression des syndicats de praticiens hospitaliers au sein même des établissements de santé. AH et CPH ne peuvent pas accepter d’être exclus d’une espace de dialogue alors que les organisations syndicales des personnels non médicaux y siègent de droit.

Il appartiendra à tous les acteurs hospitaliers de veiller à ce que la mise en œuvre de ces propositions soit à la hauteur des attentes des professionnels et des espoirs d’amélioration qu’elles suscitent. Un changement de  vision s’impose à tous. Action Praticiens Hôpital sera particulièrement attentif à ce que ces propositions soient traduites concrètement et rapidement.

Elections professionnelles

Elles auront lieu au premier semestre 2018 et permettront de rénover les modalités de représentation syndicale des praticiens qui exercent à l’hôpital.
En particulier, la loi a désormais prévu la création d’une nouvelle instance : le Conseil supérieur des personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques hospitaliers (CSPMH). Cette instance comblera une lacune importante et assurera la représentation syndicale institutionnelle de nos professions tout en contribuant à la mesure de la représentativité syndicale. Elle sera le parallèle de ce qui existe déjà pour les personnels de la fonction publique hospitalière.
La CPH et Avenir Hospitalier, réunis au sein d’Action Praticiens Hôpital, se sont réjouis de cette avancée majeure dans la reconnaissance du fait syndical. Néanmoins des difficultés subsistent dans les modalités pratiques de mise en place des élections à cette instance. La CPH et Avenir Hospitalier défendent en particulier la nécessité de n’avoir qu’un seul collège réunissant l’ensemble des disciplines et des statuts médicaux hospitaliers afin de constituer un scrutin de liste unique. Toutefois, certaines autres organisations syndicales ne souhaitent pas affronter de telles modalités de scrutin et préfèrent s’en remettre aux résultats des seules élections aux Commissions statutaires nationales, dont la répartition en fonction des disciplines et des statuts (hospitaliers ou hospitalo-universitaires) favorise les syndicats minoritaires.
Se pose également la question de la représentation locale de syndicats de praticiens au sein des établissements de santé et notamment des GHT. La proposition émise par la mission Igas relative aux risques psychosociaux des personnels médicaux hospitaliers concernant la représentation au sein des Conférences territoriales de dialogue social des Groupements hospitaliers de territoire par un représentant syndical des praticiens hospitaliers siégeant en CRP va dans le bon sens et nous regrettons le refus de la DGOS d’y donner suite.
A ce jour, nous attendons toujours les propositions du Ministère de la santé qui semble peu pressé de concrétiser ses promesses de début de mandat, d’autant plus que nous avons demandé les moyens matériels et humains correspondant à la représentativité issue de ces élections à l’instar des salariés de la fonction publique.

Réforme du 3ème cycle des études médicales

Depuis 7 ans, la  réforme du 3ème cycle des études médicales est en chantier et devrait entrer en application à la rentrée 2017-2018. Pour autant, celle-ci ne fait pas consensus auprès des professionnels.
Conduite par le Pr Benoît Schlemmer depuis 2014, elle répond à une exigence européenne d’harmonisation des cursus de formation des spécialités. Elle a conduit à la suppression des DESC, la création de plusieurs nouveaux DES et co-DES ainsi qu’à une période de mise en responsabilité en fin de cursus.
Néanmoins de nombreux professionnels et collèges de spécialités ont contesté les modalités d’application de cette réforme. Au premier rang des contestataires figurent les organisations professionnelles d’anesthésistes réanimateurs. En effet, les Pr Benoît Schlemmer et Djillali Annane, respectivement chargés de la réforme du 3ème cycle des études médicales et conseiller pour l’enseignement médical et la recherche de la Ministre de la santé et tous les deux réanimateurs médicaux, se défendent d’avoir favorisé leur spécialité désormais dénommée Médecine intensive et réanimation, et de vouloir supplanter les anesthésistes réanimateurs au sein des unités de réanimation.
Ce n’est pas tant le co-DES dénommé DES Anesthésie-Réanimation / Médecine intensive et Réanimation (DES AR MIR) qui est mis en cause que la répartition des flux de formation et ses implications sur le terrain. Si la compétition entre AR et MIR tourne trop en faveur des MIR, leur réservant à terme les unités de réanimation polyvalente voire les réanimations chirurgicales, les AR craignent à juste titre d’être confinés aux seuls blocs opératoires et de perdre ainsi une large partie de leurs compétences professionnelles.
Les difficultés ne se limitent pas à ce seul cas. De nombreuses autres spécialités contestent les choix effectués faute d’avoir été consultées au-delà de leur seule composante universitaire : chirurgiens, urgentistes, gastro-entérologues, psychiatres… Les motifs de contestation sont nombreux. Pour la psychiatrie, le refus des  pouvoirs publics de créer un co-DES psychiatrie adulte / pédopsychiatrie fait débat.
Dernièrement, l’ISNI et l’ANEMF se sont  inquiétés de l’exclusion de leurs représentants dans l’élaboration des maquettes des spécialités. Le président de l’ISNI ayant été pris à partie, Avenir Hospitalier et la CPH ont élevé une protestation publique afin de défendre l’indépendance des responsables syndicaux dans leur expression.
Comme toujours, il apparaît indispensable que toute réforme de la formation doit impliquer les représentants des organisations professionnelles de spécialités et non pas les seuls représentants universitaires.

Nos actions syndicales ont permis de faire bouger quelques lignes. C’est toujours insuffisant. Mais soutenir l’investissement syndical n’aura jamais été plus important que pour la période trouble qui se profile.
Vous le pouvez, en adhérant à l’une des organisations qui composent APH.

Contacts :
Nicole Smolski, Présidente APH
Jacques Trévidic, Président CPH, Vice-Président APH
Max-André Doppia, Président AH, Vice-Président APH
Marc Bétremieux, Secrétaire général APH