IVG : gynécologues, reprenez la main, réinvestissez votre cœur de métier !

Actualité syndicale, Gynécologues médicaux

Après ce qu’il est convenu d’appeler “l’affaire des pilules”, si médiatisée et qui a fait autant de mal aux femmes, nos patientes, qu’à nous-mêmes leurs gynécologues autrefois chéris, il est temps de faire une analyse critique et constructive et de retrouver la confiance de nos patientes et de nos organismes de tutelles.
A l’occasion d’un forum régional organisé par l’ARS région Centre le 25 juin 2013, et auquel assistait le Dr Parvine BARDON, gynécologue, en tant que représentante du bureau de l’URPS Centre, il nous a paru évident que les gynécologues avaient trop délaissé ce pan de leur activité, au détriment de leurs patientes.
Cette rencontre régionale “Comment maintenir et développer l’accès à une IVG de qualité en région Centre” a été organisée par l’ARS à Blois et introduite par M. Philippe DAMIE directeur de l’ARS Centre.
A noter que les médecins de ville pratiquant l’ivg médicamenteuse n’ont pas été invités à cette journée.

Que retenir de cette journée ?

  • Que l’enquête IVG 2012 concerne les 21 établissements de santé de la région Centre, dont 3 établissements privés.
  • Le questionnaire a été élaboré par de nombreux professionnels de santé (sauf les gynécologues !).
  • L’objectif : état des lieux (organisation, ressources humaines, communication, activité 2012, les conventions avec médecins libéraux les partenariats).

Un forum très hospitalo centré. 400 IVG médicamenteuses par libéraux sur 3 502 IVG médicamenteuses en établissements en 2012 : soit 11,5% des IVG médicamenteuses sont faites par des libéraux et ce taux doit progresser si une meilleure formation des médecins libéraux est décidée. L’ARS le souhaite pour des raisons économiques (l’IVG en ville coûte : 191,74 euros dont 91,74 euros de médicaments achetés par le médecin soit 100 euros pour l’ensemble de la procédure qui est chronophage, en établissement l’IVG médicamenteuse est facturée 257,91 euros (437 à 644 € si IVG chirurgicale).
La plate forme téléphonique régionale dédiée “Contraception-IVG-Sexualité” vient d’être mise en place depuis fin juillet 2013 et sera gérée par la Fédération Régionale du Planning Familial : les horaires sont très limités (lundi au vendredi : 11h à 14h puis 16h à 18h et le samedi de 10h à 13h). Il est remarquable que nous ayons été complètement écartés de la discussion sur ce choix et nous ne savons pas quelles seront les informations données.
En région Centre : le gynécologue est encore le principal interlocuteur des femmes concernant leurs problèmes de santé intimes, ce serait dommage pour les femmes que cet interlocuteur disparaisse.

Conclusion

L’ARS a besoin d’améliorer la prise en charge de l’IVG, souhaite privilégier l’IVG médicamenteuse et cette enquête montre bien l’insuffisance de la prise en charge post-IVG en établissement : 40% des patientes ne viennent pas à cette consultation capitale car on leur impose une date et souvent un horaire incompatible avec leur emploi du temps. Pourtant, c’est bien cette consultation qui permet de sensibiliser sur la contraception pour éviter que cet accident de la vie ne se reproduise.
Suite à ce constat, l’URPS souhaite se joindre au Collège de Gynécologie Centre Val de Loire pour motiver gynécologues et médecins généralistes à faire valoir leurs compétences dans ce domaine primordial pour les femmes.

Parvine BARDON
Elisabeth PAGANELLI

Focus sur l’actualité de l’IVG

Loi du 29-03-2013 : tout médecin exerçant dans un établissement de santé peut réaliser des IVG chirurgicales dans la mesure où l’établissement dispose d’un plateau technique adapté et se doit de les déclarer sur les formulaires au même titre que pour les IVG médicamenteuses. ameli.fr – Interruption volontaire de grossesse
tableau IVG
Merci à Nathalie TRIGNOL, PH, médecin référent du centre d’orthogénie du CHRU de Tours pour son travail de synthèse sur l’actualité de l’ivg
Voir le JO du 29 mars 2013